Un soleil rouge perce la brume du matin sur le port du Havre. Avec Impression, soleil levant, Claude Monet saisit un instant fugace et, sans tout à fait le savoir, donna son nom à tout un mouvement. Une œuvre fondatrice à redécouvrir avant de partir pour Giverny.
Impression, soleil levant est l'un des tableaux majeurs de Claude Monet. Peint avant son installation à Giverny, il n'en demeure pas moins une œuvre fondatrice dans la carrière de cet artiste exceptionnel, l'une des figures de proue du mouvement impressionniste. Voici une présentation et une analyse de ce tableau si important.
Monet peignit cette toile lors d'un passage au Havre, une ville qui revêtait pour lui un caractère particulier puisqu'il y était né. À l'époque, Le Havre était un port florissant, porté par la Révolution industrielle, et ne ressemblait en rien à ce que nous connaissons aujourd'hui, avant les bombardements et les destructions de la Seconde Guerre mondiale.
Selon des historiens de l'art comme Daniel Wildenstein, Impression, soleil levant aurait probablement été réalisé depuis la fenêtre d'une chambre de l'Hôtel de l'Amirauté. Sa date d'exécution serait 1873 ou 1874, même si l'œuvre fut datée de 1872 au moment d'être vendue.
Le tableau est de taille plutôt réduite : 48 centimètres de hauteur sur 63 centimètres de largeur. Représentant l'avant-port du Havre, il fut présenté à la première exposition de la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs, qui se déroula à Paris du 15 avril au 15 mai 1874.
L'accueil de la critique fut mitigé. Ernest Chesneau vit dans cette toile un certain air de soleil levant sur la Tamise et y perçut l'influence de Turner et de James Whistler, que Monet avait rencontrés à Londres en 1871.
Impression, soleil levant fut acquis par Ernest Hoschedé, premier époux d'Alice Hoschedé, qui deviendra plus tard la compagne de Monet.
Au premier plan se distingue la silhouette d'une barque occupée par deux pêcheurs, dans une mer aux eaux d'un bleu-vert. Un peu plus loin, une seconde embarcation renforce l'effet de profondeur. Le tableau privilégie des couleurs froides, à l'exception du disque rouge-orange du soleil, qui perce la pénombre et se reflète dans le clapotis de l'eau.
À l'arrière-plan, dans la brume, émerge le port industriel du Havre, avec ses voiliers, ses bateaux à vapeur, ses grues et ses cheminées d'usines. La marée est haute, comme le révèle la position des bateaux.
La composition est horizontale et se divise en trois bandes distinctes. Le tiers supérieur, fait de touches horizontales, c'est le ciel. Les deux tiers inférieurs sont consacrés aux eaux du port. Le tableau se veut la capture fugace d'un moment suspendu entre nuit et jour.
Le contraste, discret, n'en est pas moins saisissant. Deux mondes s'affrontent : le jour et la nuit, mais aussi le monde d'avant, avec ses pêcheurs sur leurs barques et sa scène de vie bucolique, tandis qu'émerge au loin l'avenir, le monde de l'industrie.
Impression, soleil levant révèle le talent de Monet et souligne la place centrale de la lumière dans les œuvres impressionnistes.
Au Havre, ville natale de Monet, probablement depuis une fenêtre de l'Hôtel de l'Amirauté.
Son titre a inspiré le nom du mouvement impressionniste, et il incarne le rôle central de la lumière dans cet art.
Plutôt réduites : 48 centimètres de hauteur sur 63 centimètres de largeur.
Lors de la première exposition impressionniste à Paris, du 15 avril au 15 mai 1874.