Un terme inventé, un mouvement longtemps moqué, enfin un patrimoine célébré dans le monde entier. L'histoire de l'impressionnisme est celle d'un geste créatif qui a bouleversé la peinture du XIXe siècle. Extime Travel vous fait revivre les origines de ce courant qui a trouvé à Giverny l'un de ses plus beaux écrins.
L'histoire de l'impressionnisme se tisse à partir d'une série de rencontres entre artistes en quête d'indépendance, dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Autour de figures comme Claude Monet, Édouard Manet, Alfred Sisley, Pierre-Auguste Renoir, Paul Cézanne, Camille Pissarro et Vincent Van Gogh, une volonté commune prend forme : s'affranchir des codes stricts imposés par l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture.
Refusés par les galeries officielles, raillés par une partie de la presse et du public, ces peintres choisissent d'organiser leurs propres expositions.
La première, montée dans les années 1860 avec le soutien du photographe Nadar, ne trouve pas son public. Le grand public, déconcerté, perçoit ces toiles comme des esquisses vulgaires et incertaines.
C'est le tableau “Impression, Soleil levant” de Claude Monet qui donne lieu au terme qui identifiera le mouvement.
Le critique d'art Louis Leroy s'empare de ce titre pour se moquer de ces toiles jugées inachevées et réduites à de simples « impressions » de la réalité. Loin de se taire, les artistes embrassent ce sobriquet d'« impressionnistes » et en font un étendard.
Ils sont également défendus par des écrivains, parmi lesquels Émile Zola qui, le 30 avril 1866, signe dans L'Événement un vibrant plaidoyer : « Mon but, en écrivant ces articles, est uniquement d'exiger que ces artistes, qui seront sans faute les maîtres de demain, ne soient pas persécutés aujourd'hui. »
Le rôle du marchand d'art Paul Durand-Ruel est déterminant dans la reconnaissance du mouvement. C'est lors d'un séjour à Londres que Monet le rencontre. Durand-Ruel achète, expose et défend patiemment les œuvres des impressionnistes, contribuant à les faire connaître peu à peu auprès d'un public international.
Ce qui unit les impressionnistes, c'est une nouvelle sensibilité au paysage, à la lumière et au mouvement. La vibration des couleurs, le jeu des reflets et les nuances changeantes des saisons remplacent les grandes compositions académiques.
Plusieurs peintres travaillent un même motif à différentes heures du jour ou aux saisons successives, captant les métamorphoses de la lumière.
Parmi les paysages emblématiques, la série des Nymphéas et les Cathédrales de Rouen de Monet restent aujourd'hui des points de repère admirés.